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Parution2003
Reliurebroché
Dimension22x30 cm
Contenu2 volumes, illustrations nb
ISBN9782884744027

Eretria XIV

L'aire sacrificielle au nord du sanctuaire d'Apollon Daphnéphoros. Un rituel des époques géométrique et archaïque

Sandrine Huber

Depuis 40 ans, l’Ecole suisse d’archéologie en Grèce conduit des investigations dans le Sanctuaire d’Apollon Daphnéphoros, divinité poliade de la cité d’Erétrie. L’exploration en 1978 du secteur nord du sanctuaire permit la découverte d’une aire sacrificielle contenant un matériel d’une abondance et d’une richesse exceptionnelles. Cet espace sacré que l’auteur interprète comme un lieu de culte dédié à Artémis est, avec le Sanctuaire d’Apollon Daphnéphoros, le plus ancien sanctuaire urbain attesté à ce jour dans le monde grec. Les Erétriens y vénéraient sans doute la déesse en qualité de patronne des activités féminines, de régulatrice des eaux qui inondaient parfois leurs maisons et de protectrice des navigateurs.

Si fragmentaires que soient les données recueillies, l’Aire sacrificielle constitue une source essentielle pour notre connaissance de la cité eubéenne et des pratiques cultuelles aux époques géométrique et archaïque. Les rites, organisés dès la fin du VIIIe siècle avant J.-C. autour d’un autel, s’y déroulèrent durant plus de deux siècles et furent sans doute l’œuvre des femmes de la cité. L’analyse du mobilier laisse apparaître une évolution du répertoire des offrandes : à l’époque géométrique, des hydries, des objets personnels d’origine surtout orientale et des ossements de viandes brûlées sur l’autel en l’honneur de la divinité ; à l’époque archaïque, des hydries miniatures, des cruches à haut col, de rares objets personnels liés en majorité au travail de la laine, ainsi que des ossements de viandes cuisinées à l’intention des participants au rituel. Cette évolution traduit le changement des mentalités, mais aussi la modification du statut de l’individu au sein de la cité.